Architecte
Année de Construction
1946-1952
Emplacement
Marsella, Francia

Introduction

L’Unité d’habitation, aussi appelée « La Cité Radieuse » de Marseille, représente l’un des projets emblématiques de Le Corbusier et demeure une référence incontournable pour tout architecte. C’est la première commande qu’il reçoit de l’État Français.

La conception débute immédiatement après la Seconde Guerre mondiale (1945-1946), et sa construction démarre en 1951. Ce projet, d’une ampleur sans précédent pour son concepteur, est freiné par des problèmes budgétaires et prendra cinq années pour être réalisé, au lieu des douze mois initialement prévus.

Avec son système de logements collectifs, Le Corbusier s’oppose à la désurbanisation ou, comme il la nommait, à la « manie des maisons individuelles ». Au lieu de cela, il prône des gratte-ciels comme des unités d’architecture urbaine intégrées, devant remplir une fonction précisément définie et occuper un emplacement déterminé à l’avance. Si tous les services communautaires pouvaient être ajustés avec précision, cela réaliserait le rêve de la cité-jardin, car au pied de chaque gratte-ciel, un espace suffisant serait dédié à une vaste zone verte.

Emplacement

La Cité Radieuse, conçue comme une « ville-jardin verticale » en opposition à la construction de chalets, est implantée sur quatre sites différents avant de trouver sa place sur le Boulevard Michelet, Cité Radieuse Le Corbusier 280, dans les « quartiers élégants » de Marseille, en France.

Concept

Le projet représentait une vision novatrice de l’habitat et de la vie en communauté. L’unité d’habitation de Marseille intègre un système de distribution autonome de biens et de services destinés à soutenir l’unité résidentielle. Cela permet de répondre aux besoins de ses habitants tout en assurant une autonomie de fonctionnement vis-à-vis de l’extérieur. Cette autonomie souhaitée par Le Corbusier exprimait une préoccupation émergeant dès les années vingt, lors de ses analyses des phénomènes urbains de distribution et de circulation, qui commençaient à avoir un impact sur la société moderne.

Ce projet spécifique visait à reloger les victimes des quartiers détruits de la ville, reprenant un principe dont les prémices remontent à la « villa unité » et aux « unités à dents » de 1922.

Projet

Ce fut la première opportunité pour Le Corbusier de mettre en pratique les théories de proportions à l’échelle qui donneraient naissance au Modulor.

Cette autonomie souhaitée par Corbusier exprimait une préoccupation émergeant dès les années vingt, lors de ses analyses des phénomènes urbains de distribution et de circulation, qui commençaient à avoir un impact sur la société moderne.

Système Modulor

Schéma du Modulor

En 1950, Le Corbusier développe le concept de modulor, un nouveau système de proportions basé sur la Renaissance, remplaçant ainsi le système métrique décimal traditionnel.

Ce système de mesure se fonde sur les dimensions humaines, contrairement au système décimal. Selon Le Corbusier, « une machine, un meuble ou un journal sont des prolongements de l’homme. Et l’architecture, et donc tout objet créé par l’homme, doit nous affecter non seulement au niveau mental ou émotionnel mais aussi au niveau physique ou corporel. » Des projets tels que la Cité Radieuse de Marseille (1947-1952, France), la chapelle de Ronchamp (1950-1954, France) et la ville de Chandigarh en Inde s’appuient sur le système Modulor.

Conception de l’idée

Les unités d’habitation de Le Corbusier à Marseille, et plus tard à Nantes, ont consolidé les concepts qu’il développait autour de l’idée moderne d’habitat.

Les principes qui lui donnaient forme provenaient d’une conception de l’architecture en tant que produit de la rationalité, un outil pour définir un système social en tant que système de raison. Ce système social intégraient des principes de fonctionnalité et d’économie, reconnaissant dans l’architecture un moyen d’organiser l’environnement urbain et d’offrir de meilleures possibilités aux communautés. La création d’une nouvelle mécanique de circulation, l’organisation des fonctions, la conception d’un système de relations intégrées, toutes ces possibilités étaient utilisées de manière disciplinée et reflétaient une énorme volonté d’intervenir dans le processus de l’architecture et de la société modernes.

Espaces

Schéma spatial de l’Unité d’Habitation de Marseille

Le projet des Unités d’Habitation de Marseille est constitué par une unité architecturale pouvant accueillir 1600 personnes, où les appartements sont adaptés à des personnes individuelles ou à des noyaux urbains.

Le bâtiment est une construction énorme de 140 mètres de long, 24 mètres de large et 56 mètres de hauteur, et prévoyait un fonctionnement interne comprenant plus de 26 services indépendants. Chaque étage contient 58 appartements en duplex accessibles depuis un grand couloir interne tous les trois niveaux, des « rues dans les airs ». Certains appartements occupent l’étage du corridor et celui en-dessous, d’autres celui du corridor et celui au-dessus.

À l’intérieur du bâtiment, les 337 appartements se croisent dans l’énorme structure de béton armé. À mi-hauteur, une zone commerciale sur deux niveaux s’étend sur les 135 mètres du bâtiment, où se trouvaient également des salles de spectacles, un restaurant, un hôtel, une laverie et d’autres services.

Espaces communs sur le toit

Les toits de l’Unité d’Habitation de Marseille

Un autre aspect très intéressant de l’Unité d’habitation est l’utilisation du toit comme centre de fonctions, étant l’un des espaces les plus vivants. Il comprenait :

  • une piste d’athlétisme de 300 mètres
  • un gymnase couvert
  • un club
  • une infirmerie
  • une garderie
  • un espace social

Ces services étaient agencés de manière à tirer parti des conditions de visibilité offertes par la hauteur du bâtiment, entre les collines et la mer, enrichissant ainsi l’expérience de vie des résidents.

Structure

Schéma structurel

L’ensemble repose sur un bloc unique élevé sur des piliers indépendants, libérant ainsi tout le sol pour des jardins et des espaces de loisirs, sa structure étant en béton armé ressemblant à une étagère.

Le bâtiment repose sur des piliers, laissant le sol totalement libre pour les jardins et les loisirs. Le niveau du sol agit comme un lien entre l’intérieur et l’extérieur, permettant une circulation fluide et offrant un accès aux différentes parties verticales du bâtiment.

La section transversale montre comment deux appartements avec des galeries sont entrelacés de telle manière qu’il y a un couloir central d’accès tous les trois niveaux, optimisant l’espace de circulation.

Ces concepts deviendraient une partie de l’iconographie de Le Corbusier, illustrant ainsi la nécessité de relation entre la construction et l’environnement urbain.

Matériaux

Les matériaux utilisés sont du béton armé à la finition apparente et du verre, sans décorations, sans élégance, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

La façade, protégée par des auvents, est préfabriquée avec des éléments de ce matériau.

Vidéo

Drawings

Photos

by WikiArquitectura (agosto 2020)

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